La vie artistique Ukrainienne
- Catherine Regnier

- 25 mars 2022
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 4 avr. 2022
Au vue de la situation actuelle en Ukraine, nous avons décidé de proposer un article où l’on présente certains hommes et certaines femmes artistes ukrainiennes.
En soutien à ce peuple, nous voulons le mettre à l’honneur grâce à ces quelques profils de femmes et d’hommes plus ou moins engagé.es.
Andreï Kourkov

Andreï Kourkov est un auteur ukrainien né en 1961 à Boudogochtch, en ex-URSS. Cet homme a exercé de nombreux métiers avant d’être auteur tel que rédacteur, gardien de prison ou encore caméraman.
Il a longtemps habité la ville de Kiev avant de s’installer, en partie, à Londres en 1996 où il préside l’Union des écrivains ukrainiens.
Les auteurs ukrainiens traduits en français ne sont pas nombreux. Néanmoins, Andreï Kourkov a été traduit et la moitié de ses ouvrages est parue en France. Raison de plus pour lire ce romancier !
D’autant plus qu’il nous délivre un regard acéré et ironique sur les sociétés post soviétiques dans ces histoires où il se permet de critiquer et d’y donner un avis personnel en utilisant le style de la fable animalière.
À l’image de son dernier roman, Les abeilles grises (Ed. Liana Levi) se déroulant dans la zone disputée par les séparatistes pro-russes et les forces ukrainiennes à travers un apiculteur habitant la ligne de front.
Alyona Alyona

Alyona Alyona, de son vrai nom, Alona Olehivna Savranenko, est une jeune rappeuse de trente ans.
Elle commence à s’intéresser au rap grâce à la chanson Gangsta’s Paradise de Coolio et veut en faire son métier le jour où son père lui ramène l’album The Eminem Show du rappeur Eminem.
Elle commence à rapper dans les années 2000 mais n’est pas connue dès ses débuts et devient institutrice. Elle n’entame sa carrière qu’à partir de 2008 en faisant le buzz sur YouTube avec sa chanson “Ribki”.
Pour qu’elle soit connue en France, il faudra attendre sa chanson “Dancer” dans laquelle elle incarne une employée rebelle. Ce tempérament rebelle et engagé deviendra sa marque de fabrique.
En 2019, elle donne de la voix pour protester contre la Russie avec son premier album, “Pushka” Aujourd’hui, elle dénonce avec fermeté l’invasion russe et multiplie l’appel à la mobilisation, aux dons, à la révolte sur sa chaîne YouTube. Vous pouvez également retrouver une chanson où elle donne la réplique à une autre révolutionnaire, Alina Pash.
Alyona Alyona incarne la révolution ukrainienne bien au-delà des frontières ukrainiennes.
DakhaBrakha

Ce groupe, formé de trois femmes et un homme, est créé en 2004 au sein du Centre d’art contemporain de Kiev. Leur quatuor arrive à transformer un répertoire folklorique de styles musicaux aux ethnies différentes en musique actuelle. Ce groupe joue du violoncelle, du tambour et du piano, de l’accordéon ou du djembé.
Les membres de ce groupe, Marko Halanevych, Olena Tsybulska, Iryna Kovalenko et Nina Garenetska, combinent leurs métiers d’origine et leurs voyages pour recueillir le patrimoine musical de l’Ukraine toute entière.
Il et elles sont particulièrement intéressé.es par la culture ukrainienne et européenne tout en ajoutant des influences musicales du Moyen Orient, de l’Afrique et de l’Inde.
Ces femmes et cet homme sont politiquement engagé.es contre le retour de l’ère soviétique. Ces pensées sont traduites par les images de la révolution ukrainienne en fond de scène diffusées lors de leur passage au festival Transmusicales en France.
Allez écouter une de leurs musiques : “Specially for you”
Oleg Sentsov

Oleg Sentsov est un réalisateur, scénariste et producteur connu pour son film Gaamer (2011), l’histoire, inspirée de sa propre vie, d’un gamer talentueux. Il y décrit également les conditions de vie difficiles en Ukraine.
Cet homme devient activiste lors du mouvement Euromaïdan et de l’annexion de la Crimée par la Russie. Cette peine de prison lui vaudra d’être arrêté, jugé et emprisonné en Sibérie pour 20 ans.
Là-bas, il entame une grève de la faim qui durera 145 jours pour défendre sa cause et prolonger sa contestation en prison. Le monde entier se mobilise pour le faire sortir de prison, les pétitions, les prises de parole vont se multiplier mais rien ne fera plier Poutine.
Ce n’est seulement qu’en 2019 que la Russie accepte de l’échanger contre un journaliste russo-ukrainien condamné pour haute trahison.
Enfin libéré, ce défenseur des droits de l’homme sera récompensé pour son courage et sa ténacité. Il lui sera remis le prix Sakharov en 2019 au Parlement européen de Strasbourg qui lui avait été attribué en 2018.
À nouveau, aujourd’hui, il s’est engagé dans la défense territoriale de la ville de Kiev et encourage la communauté du cinéma à boycotter le cinéma russe.
Iryna Tsilyk

Iryna Tsilyk est une réalisatrice de 39 ans, née à Kiev, primée au festival Premiers plans d’Angers en 2021 avec The Earth Is Blue As An Orange.
Ce film raconte l’histoire d’une famille du Donbass qui transforme sa maison en un plateau de tournage pour supporter la violence extérieure.
Aujourd’hui, alors que la réalité a remplacé la fiction, la cinéaste engagée vient de quitter son pays alors que son mari, l’écrivain Artem Tchekh, a rejoint l’armée ukrainienne.
Dakh Daughters

Les filles du Dakh est un groupe théâtral et musical. Chacune vient d’un univers artistique différent (groupe de rock, cabaret, ballet).
Dans une ambiance cabaret, ces sept femmes mêlent punk, rap et musiques traditionnelles ukrainiennes. Elles entretiennent, via leur art, un rapport très étroit avec la culture européenne, notamment ukrainienne. Plusieurs d’entre elles font partie de DakhaBrakha cité précédemment. Ces femmes montrent leur fierté d’être ukrainienne et d’incarner la révolution de leur pays, comme le montre la chanson “Rozy Donbass”. Cette chanson dénonce la guerre dans la région du Donbass.
Elles sont devenues de réelles figures du soulèvement ukrainien au moment où elles interprètent, avec la foule, en plein Maïdan, la chanson My Sea.
Cet article a pour but de mettre en avant des visages de la résistance ukrainienne et la culture de ce peuple actuellement en danger.
Merci pour votre lecture !
Catherine, rédactrice
SOURCES
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