top of page

Blog

Ici, retrouvez nos différents articles ! Un par semaine alors restez connecté.es ;)

Post: Gros titre

L’avortement au Nicaragua

Dernière mise à jour : 4 avr. 2022


C'est une carte du Nicaragua et de ses pays voisins
Carte du Nicaragua


Aujourd’hui, en France, l’avortement est légal et possible pour toutes et tous en ayant envie et/ou besoin. Mais dans de nombreux pays, ce droit n’est pas acquis, voire même bien pire que cela. Au Nicaragua par exemple, à partir de l’année 2006, l’avortement est purement et simplement interdit. Depuis juillet 2008, les patient.es et les professionnel.lles de santé s’exposent même à des peines de prison quelles que soient les circonstances de l’avortement.


Un changement de législation


Avant ce mois de juillet 2008, l’avortement était possible dans certains cas, quand l’état de santé de la personne porteuse était mis en danger ou que celle-ci était victime d’un viol. Aujourd’hui, ces cas-là ne sont plus autorisés pour la pratique de l’avortement. Des peines d’emprisonnement sont prévues pour l’ensemble des professionnels du corps qui pratiquent cette intervention.


L’origine de cette interdiction intervient en 2006 lors des élections présidentielles. Les candidats (Daniel Ortega, Eduardo Montealegre) étaient très proches dans les sondages et ont souhaité se démarquer en répondant aux besoins et aux envies de l’Eglise catholique et des autres corps religieux chrétiens. Ceux-ci n’acceptant pas le recours à l’avortement, ont perçu les effets de leurs oppositions avec cette pénalisation de cette intervention, pourtant vitale pour certain.es patient.es.


Hausse des inégalités


Cette interdiction et cette peine ne font que creuser davantage les inégalités entre les femmes et les hommes, mais également pour une catégorie de femmes en particulier. Celles qui font face à des soucis de santé risquent de perdre la vie et les victimes d’inceste et de viol sont laissées pour compte et ne reçoivent pas l’accompagnement psychologique et physique nécessaire. L’enfant issu de cette grossesse non-voulue risque d’en souffrir et de ne pas bénéficier de l’amour et de l’éducation nécessaire à son développement et son accomplissement, d’autant plus que l’avortement clandestin demande des sommes d’argent considérables accentuant les inégalités d’accès à la santé pour certaines personnes.


Accentuation des avortements clandestins


Cette mesure est même contre-productive à l’envie du gouvernement puisqu’elle ne fait pas disparaître l’avortement mais le rend inaccessible et, par conséquent, clandestin. Ces interventions clandestines mettent en très grave danger les patientes. Elles risquent des infections, des hémorragies ou encore la mort, en plus des sanctions pénales qui pèsent sur elles, si elles sont découvertes.


Le combat des médecins et des organisations féministes


Lorsque trente-trois femmes et jeunes filles sont mortes au cours de leur grossesse durant les six premiers mois de 2009, contre vingt

C'est une campagne coup de poing contre l'avortement clandestin en montrant un cintre tenu en l'air. Un cintre qui est encore utilisé lors de ces avortements clandestins.
Une campagne contre les avortements clandestins

sur la même période en 2008, et que les personnes ayant des grossesses problématiques meurent plus qu’avant (15 à 60%), cela devient un enjeu de santé mondial.


Les médecins spécialistes avaient établi un communiqué avant le vote de la loi mais il n’a pas été entendu et/ou écouté. Aujourd’hui, ils sont confrontés à leurs consciences, à leur éthique et à leur liberté. Que faire ? Aider des personnes en détresse à avorter en risquant la prison ou les laisser encourir de graves dangers pour se protéger ?


Cependant, des organisations féministes prennent la parole et, en 2012, ce sont les ambassades allemandes et françaises qui agissent au Nicaragua en créant l’organisation Aguas Bravas Nicaragua (ABN). Celle-ci a pour but d’aider les victimes d’abus sexuels et d’abus incestueux à prendre la parole.


Ces initiatives tendent à faire bouger les choses mais pour cela il faudrait également que d’autres sphères (politiques, culturelles etc.) se soulèvent. D’autres organisations que les mouvements féministes doivent prendre la parole sur ce sujet pour permettre à toutes et à tous de se faire entendre et aider.


Je vous invite à regarder un document rédigé par Amnesty International qui explique précisément la situation au Nicaragua.


Cet article est destiné à sensibiliser sur les inégalités entre les pays et entre les habitants de mêmes pays. En France, le recours à l’avortement est un droit et finalement un privilège lorsque l’on apprend la mort de plusieurs personnes en raison de son interdiction et de sa pénalisation.


Merci pour votre lecture !


Catherine, rédactrice

Sources




Commentaires


Post: Blog2_Post
bottom of page